Pierre-Olivier Clouet

Le millésime 1992 par Pierre-Olivier Clouet, Directeur technique de Château Cheval Blanc

Les conditions climatiques du millésime 1992 exécrables, conjuguées à un fort rendement, ont pénalisé la maturation du raisin.
Les vins, certes légers, sont aromatiques et plaisants, mais ne promettent plus d’évolution positive.

CONDITIONS CLIMATIQUES EN 1992

TEMPERATURES ET PRECIPITATIONS

L'année fut marquée par des contrastes climatiques importants. Après un mois de mai très chaud et ensoleillé, le mois de juin fut exécrable, avec de très fortes précipitations (200 mm). Le temps se rétablit en juillet, suivi d'un mois d'août chaud, mais très humide. En septembre le temps fut mitigé, avec des valeurs de température, pluviosité et ensoleillement proches de la normale.

REGIME HYDRIQUE DE LA VIGNE

Pour se développer idéalement, la vigne a besoin de subir un déficit hydrique progressif durant son cycle végétatif afin de permettre une concentration optimale des raisins. En 1992, le bilan hydrique ne présente aucune contrainte hydrique. Il s’agit d’une des années les plus humides depuis 50 ans dans le Bordelais. Ceci est la conséquence des fortes pluies qui se sont abattues en juin et août. Cette absence de contrainte a eu des répercussions sur le potentiel qualitatif de la vendange et la qualité du vin.

CYCLE DE LA VIGNE

La vigne ayant très peu produit en 1991, elle s'est montrée généreuse en 1992 et a manifesté une forte vigueur. La pousse fut particulièrement importante au mois de mai. En juin une grande vigilance a été nécessaire pour éviter le Mildiou et la pourriture grise, dont la pression fut particulièrement forte. La précocité de l'année a été moyenne, la récolte a débuté le 24 septembre et s'est achevée le 10 octobre.

  Merlot Cabernet Franc
  Début Fin Début Fin
Date des vendanges 1992 24 septembre 1er  octobre 2 octobre 10 octobre
Moyenne 1986-2014 19 septembre 27 septembre 27 septembre 5 octobre

 

PARTICULARITES DU MILLESIME

MATURITE DES RAISINS ET RENDEMENT

Malgré quelques averses pendant les vendanges, la quasi-totalité de la récolte est rentrée par un temps sec. La constitution des raisins était particulièrement pauvre, en sucres mais aussi en composés phénoliques. L’acidité totale était très élevée mais les pH proche des valeurs moyennes. A partir de 1992, les raisins ont été récoltés en cagettes. Un tri manuel très soigné a été nécessaire pour éliminer les foyers de pourriture grise présents dans la vendange et les baies qui manquaient de couleur. Le volume de la récolte fut très important.

Rendement    (hl/ha) Moyenne 46 - 14
63,5 33,9

 

 

Degré alcoolique 12,5
Acidité Totale (g H2 S04/L) 3,22
Acidité Volatile (g H2 SO4/L) 0,54
pH 3,80
SO2 Total (mg/L) 88
Sucres réducteurs (g/L) 0,8
IPT (DO280) 53

 

CHEVAL BLANC 1992 EST UN VIN SURPRENANT ET PLAISANT DE RICHESSE AROMATIQUE MALGRÉ DES CONDITIONS CLIMATIQUES TRÈS DIFFICILES

 

LA DÉGUSTATION

Malgré des conditions climatiques particulièrement peu propices, Cheval Blanc 1992 se révèle extrêmement plaisant pour un vin de ce millésime délicat.

La robe est moyennement dense et est de couleur tuilée.
Le nez intense et aromatique est marqué par l’expression aromatique du merlot avec des arômes de fruits rouges et de caramel teintées de notes joliment boisées.
En bouche, c’est un vin souple et rond, aromatique et friand. En s’ouvrant, il se révèle charmeur et avec un boisé présent sans avoir la puissance des grands millésimes. Léger, le vin est cependant d’une belle longueur marquée par la douceur.

Manquant un peu de structure du fait d’une année très difficile, Cheval Blanc 1992 est encore aromatique et plaisant, mais ne promet plus d’évolution positive.